Article de presse

Assurer les risques de nos entreprises : un enjeu de souveraineté.

février 2020

Les assurances captives que beaucoup d'entreprises ont logées dans d'autres pays devraient être relocalisées. Cela permettrait de mieux mutualiser leurs risques, estiment Christophe Eberlé et Fabien Graeff. Et de disposer d'un atout supplémentaire pour notre économie.

Les entreprises sont confrontées à un univers des risques en expansion, en particulier en matière environnementale avec le changement climatique, mais aussi avec les nouveaux risques « cyber » ou plus classiquement avec des risques industriels toujours plus complexes. Pour les grands groupes ou même les ETI, il est devenu stratégique de se protéger de manière adéquate contre ces risques épars et diffus, alors même que le marché de l'assurance ne peut pas répondre à tous les besoins.

Beaucoup de ces entreprises ont été amenées à créer leurs propres structures d'assurance, que l'on nomme des « captives ». Celles-ci ont de multiples avantages, notamment en permettant de mutualiser des risques de natures, de fréquences et de géographies différentes : plus un groupe a des activités diversifiées, plus il tirera bénéfice à agréger ces expositions. Il pourra aussi arbitrer de manière optimale le niveau de risque qu'il accepte de couvrir par ses fonds propres et, au-delà, ce qu'il souhaitera externaliser et faire protéger par des assureurs ou réassureurs. Avec cette approche, il gérera aussi dans le temps les conséquences des aléas auxquels il peut faire face, les
bonnes années finançant les mauvaises.

Pour des raisons techniques, comptables ou fiscales, beaucoup de groupes européens ont domicilié il y a bien longtemps ces structures d'assurance interne dans des pays attractifs, principalement le Luxembourg, Malte ou l'Irlande. Ces entités stratégiques sont ainsi dissociées des sièges sociaux de ces entreprises, ce qui n'est satisfaisant pour personne. Les groupes doivent s'en remettre à un Etat où ils sont souvent peu présents pour superviser et gérer leurs risques. Ils font de plus en plus l'objet d'un contrôle suspicieux de leurs pays d'origine quant à l'activité de ces structures et aux transferts financiers qui les concernent. Et ces pays du siège des groupes sont quant à eux privés de cette masse assurable et de l'ensemble des enjeux et de l'activité qui l'accompagne.

Découvrir la tribune sur le site Les Echos

Auteur

Christophe Eberlé, CEO et Fabien Graeff, partner Corporate Risk Services - Optimind

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Christophe Eberlé, CEO et Fabien Graeff, partner Corporate Risk Services - Optimind

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