Article de presse

Assurance-vie : l'onde de choc des taux négatifs se propage.

octobre 2019

AG2R La Mondiale a placé une émission de dette de 500 millions d'euros pour renforcer sa marge de solvabilité. Le mois dernier, Suravenir avait dû être recapitalisée par sa maison mère. La chute des taux d'intérêt en territoire négatif force les assureurs à revoir leur modèle.

Branle-bas de combat chez les assureurs pour contrer les effets des taux d'intérêt négatifs. AG2R La Mondiale a annoncé lundi soir avoir placé une émission de dette subordonnée « RT1 » (« restricted Tier 1) d'un montant de 500 millions d'euros lui permettant de renforcer sa marge de solvabilité.

L'environnement de taux très bas vient directement dégrader la solvabilité des assureurs-vie, contraints de réagir sans tarder. Les titres émis par AG2R La Mondiale « constituent la meilleure qualité de capital reconnue sous Solvabilité 2 », le cadre prudentiel qui fixe les exigences de fonds propres du secteur, insiste le groupe de protection sociale français.

Réalisée la semaine dernière à un taux d'intérêt de 4,375 %, cette émission lui permet de gagner 8 points de ratio de solvabilité. Entre le 31 décembre 2018 et le 30 juin 2019, cet indicateur avait déjà chuté de 33 points, à 185 %.

Une garantie du capital plus coûteuse
Comme le reste du secteur, AG2R La Mondiale, qui a un gros portefeuille d'assurance-vie et d'épargne retraite, subit de plein fouet la baisse des taux d'intérêt à des niveaux très bas et leur passage, depuis cet été, en territoire négatif. Avant lui, Suravenir, la filiale d'assurance-vie et de prévoyance du groupe bancaire Crédit Mutuel Arkéa, avait déjà dû être recapitalisée à hauteur de 540 millions d'euros par sa maison mère.
Du fait de la baisse des taux, les fonds euros - qui donnent la garantie du capital à tout moment - deviennent de plus en plus coûteux en termes de capitaux réglementaires. De même, les acteurs de l'épargne retraite doivent augmenter les provisions à constituer pour faire face à leurs engagements.

Barrières à l'entrée sur le fonds euros
« Solvabilité II n'a pas été pensé pour intégrer des taux négatifs », rappelle Maxime Letribot, associé chez Eurogroup Consulting. Selon lui, « cela accélère la nécessité pour les assureurs à sortir plus vite des fonds euros ou à trouver tous les leviers possibles pour que les nouveaux flux n'aillent pas vers les fonds euros ».
Certains sont passés à l'acte : Generali France ou Allianz France ont mis des barrières à l'entrée sur le fonds euros . « Nous imposerons entre 35 % et 70 % d'unités de compte aux épargnants souhaitant verser des montants significatifs sur leurs contrats », a indiqué au « Figaro » André Renaudin, le directeur général d'AG2R La Mondiale.
« Il devient de plus en plus compliqué d'offrir à la fois une garantie du capital, la liquidité de l'épargne à tout moment, des frais de gestion très bas et aucun frais d'entrée. Il faut envoyer aux assurés des signaux forts qui marquent des esprits », martèle Jean-Charles Simon, directeur exécutif de la société de conseil Optimind.

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