Solvabilité 2 : les assureurs vie solides... avant la secousse des taux bas.
Entre 2017 et 2018, la solvabilité des acteurs français de l’épargne individuelle s’est améliorée, selon les résultats d’une enquête menée par Optimind sur les SFCR. Une parenthèse appelée à se refermer dès cette année sous l’effet des taux négatifs.
« Trois ans après l’entrée en vigueur de la norme prudentielle européenne Solvabilité 2, ce benchmark va permettre aux assureurs de suivre les indicateurs et de comparer leur positionnement sur le marché de l’épargne individuelle », estime Valérie Deppe, coauteur de l’étude, et partner actuarial & financial services chez Optimind. Sur la base des informations publiques contenues dans les SFCR des 25 plus gros acteurs de la place, Optimind a livré une vision du marché au 31 décembre 2018 sur différents indicateurs d’activité, financiers et de solvabilité, et de leur évolution par rapport à 2017. Premier enseignement de l’étude, la collecte nette a été soutenue sur les supports unités de compte, largement plus importante que la légère décollecte sur les supports euros. Sans surprise, les bancassureurs sont les plus gros collecteurs d’affaires nouvelles du panel. À eux sept, ils pèsent plus (54 %, soit 58,42 Md€) que les neuf compagnies d’assurance et douze mutuelles réunies (respectivement 36 % avec 39,72 Md€ et 11 % avec 12,56 Md€). Ce sont également les bancassureurs qui enregistrent la plus forte croissance (+ 7,8 % par rapport à 2017), loin devant les compagnies d’assurance (+ 0,7 %) et les mutuelles (+ 0,5 %).
Des provisions techniques chahutées
Le montant des provisions techniques rapportées au passif total de l’entreprise (y compris les fonds propres) est en légère hausse pour tous les acteurs (0,6 % en moyenne). Selon les auteurs de l’étude, cette quasi-stabilité entre 2017 et 2018 s’explique par une hausse des provisions techniques (+ 1,2 % en moyenne) presque entièrement compensée par celle du passif (+ 0,5 %). Pour rappel, l’évaluation des provisions techniques sous Solvabilité 2 correspond à la somme du best estimate (meilleure estimation du passif) et d’une marge de risque (coût de détention du capital réglementaire) : elles reflètent les engagements pris envers les assurés.
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